
n geôlier jaloux, une belle séquestrée, un soupirant qui multiplie les déguisements pour tromper sa vigilance: l’argument d’« El Harraz » tient en une phrase, et le théâtre marocain en a fait un monument. Le Théâtre Mohammed V de Rabat programme la pièce le vendredi 25 septembre à vingt heures trente, dans une nouvelle adaptation d’après l’œuvre de Tayeb Saddiki et d’Abdeslam Chraïbi, mise en scène par Amine Nasseur. La production est portée par la trente-cinquième promotion de l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle, l’ISADAC, dont elle constitue le projet de sortie. Écrite dans les années 1960, la pièce puise dans le patrimoine oral marocain et dans l’univers du melhoun, et s’inspire du poème éponyme attribué au cheikh El Mekki Ben El-Qorchi.
Il faut savoir que reprendre Saddiki n’est pas un exercice d’école. L’équipe artistique dit avoir choisi de réinterroger l’héritage de la pièce et ses codes scéniques plutôt que d’en reproduire la lettre, et de faire dialoguer la mémoire du théâtre marocain avec le regard d’une génération de comédiens qui n’a pas connu son auteur. C’est là tout l’enjeu d’un répertoire qui ne fut jamais figé: né du melhoun, c’est-à-dire d’un art chanté avant d’être joué, « El Harraz » n’existe que repris, et chaque reprise le réécrit un peu. Pour ces jeunes diplômés, la soirée tiendra de l’examen autant que du spectacle. Elle dira surtout si la scène nationale sait transmettre ce qu’elle a de plus difficile à léguer: non pas un texte, mais une manière de le dire.
Photo: Hamdi Maroc, CC BY-SA 4.0.
Théâtre Mohammed V - El Harraz — الحراز, vendredi 25 septembre 2026, 20:30
Les Inspirations Éco - Théâtre populaire: « El Harraz » ressuscité au Théâtre Mohammed V




