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Quand les États-Unis ont failli Bombarder Atomiquement le Maroc

Histoire
10/1/2022
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n 1951 les États-Unis construisent cinq installations militaires au Maroc, dont la base aérienne de Nouaceur, aujourd’hui l’aéroport international Mohammed V. Les États-Unis ont gardé secret un incident impliquant une bombe nucléaire à la base aérienne de Sidi Slimane qui aurait pu tuer des milliers de personnes. Le lendemain de son indépendance, le royaume du Maroc fît pression sur les États-Unis de se retirer de son territoire, chose qu’ils feront vers 1963.

Carte de l'armée de l'air américaine du Maroc sous protectorat français.
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En 1950, juste après le déclenchement de la guerre de Corée, le Ministère de la Défense américain avait un besoin urgent d’établir des bases aériennes stratégiques. Le système d’alerte de défense aérienne suscitait également de plus en plus d’inquiétude. D’après le NSC 68 (un journal top secret du conseil de sécurité nationale), l’Union soviétique se préparerait à lancer des attaques dévastatrices d’ici 1954, en raison de son stock croissant d’armes nucléaires et d’un bombardier nouvellement développé qui pourrait transporter la bombe atomique.

L’accord sur les bases aériennes du 22 décembre 1950 stipulait que les États-Unis agrandiraient et utiliseraient les installations Françaises déjà sur place au Maroc. À cette époque, il était impossible pour les États-Unis de négocier avec le sultan. Ils devaient négocier le meilleur accord avec la France. En janvier 1952, le président Truman autorisa le stockage d'armes non nucléaires dans les bases Marocaines sous protectorat Français, où se trouvaient les bombardiers B-36 et B-47 (les Français ne devaient pas être au courant). La marine a également soulevé la question du déploiement à l’étranger d'armes nucléaires auprès du président.

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Le 28 mai 1953, le 45th Fighter Squadron s’est rendu à la base aérienne de Sidi Slimane, une base de commandement aérien stratégique, partagée avec des groupes de bombardiers pilotant des B-36 et des B-47. La mission principale de l’escadron était de piloter des patrouilles de défense aérienne au large des côtes du Maroc et autour des montagnes de l’Atlas à l’est.

Le Boeing 47.

Après l’obtention de l’autorisation de déployer des armes nucléaires en Grande-Bretagne, au Maroc et en Allemagne de l’Ouest (d’avril à juin 1954), les bombardiers B-47 transportaient maintenant des armes nucléaires en mai 1954. Les bombardiers transportaient un Mark-36, une bombe à hydrogène de deuxième génération. Cette arme nucléaire conçue vers les années 1950 pèse environ 8 tonnes, soit environ 1000 fois plus puissante que la bombe Mk-III (également connue sous le nom de « Fat Man ») qui a explosé au-dessus de Nagasaki, tuant ainsi environ 60 000 personnes.

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Le 31 janvier 1958, dans une base du Strategic Air Command à Sidi Slimane, un bombardier B-47 transportant un Mark 36 effectuait un décollage simulé lors d’une alerte d’exercice. La roue arrière gauche de l’avion est tombée en panne lorsqu’il atteint environ 55km/h, ce qui provoque la collision de la queue sur la piste et la rupture d’un réservoir de carburant. Les flammes ont rapidement atteint le plutonium dans l’arme nucléaire à bord et se sont fondues dans la piste.

Le 45th Fighter Squadron à Sidi Slimane.

Les membres d’équipage se sont échappés sans blessure. Bien que les pompiers n’eussent que 10 minutes pour éteindre les flammes, ils se concentrèrent sur l’avion bien plus que la bombe nucléaire avant de se retirer sous ordre du commandant général de la base aérienne. L’avion a continué de brûler pendant 7 heures.

La bombe Mark 36 n’a pas explosé mais il y a eu une certaine contamination dans la zone immédiate de l’accident. Après que l’avion et l’asphalte en dessous ont été enlevés, la piste s’est effondrée. Un camion de pompiers et leurs uniformes présentaient une légère contamination alpha jusqu’à ce qu’ils soient détectés.

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À la suite de l’incident, les alertes d’exercice ont été temporairement suspendues et les avions B-47 ont été vérifiés pour détecter les défauts.

Les Américains ont estimé qu’il serait dans leur intérêt de garder les informations confidentielles sur l’incident. Un officier américain déclara que « toute révélation concernant le transport d’armes nucléaires par nos avions à l’étranger aurait des conséquences négatives et offrirait de grandes opportunités pour la propagande soviétique ». Les Américains ont conclu « [qu’il] a été convenu que le Département devrait conseiller au Pentagone que nous n’acceptons pas la publication d’une déclaration concernant l’incident de Sidi Slimane », mais l’ambassadeur a quand même informé des hauts responsables marocains et le roi Mohammed V de l’incident pour leurs informations confidentielles. Peu de temps après l’incident, un petit démenti officiel a été communiqué à The New York Times.

Le directeur du Bureau des affaires régionales européennes s’est inquiété de ce qui s’était passé à Sidi Slimane car il n’était au courant d’aucun exercice d’évacuation. « Les rapports de l’ambassade de Rabat et dans la presse faisant référence à (une) évacuation de la base nous ont plutôt surpris car aucune mention n’avait été faite d’une telle procédure ».

L’ambassade américaine à Paris réplica « Dans le cas de l’incident de Sidi Slimane, le commandant général a choisi d’en profiter pour mettre en pratique son plan d’évacuation. Il est regrettable que cette pratique d’évacuation ait été liée à un avion transportant une arme nucléaire et que ce fait soit devenu connu ». Les américains ont donc finalement choisit de nier qu’une bombe nucléaire aurait pu tuer des centaines, ou peut-être des milliers.

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Références :

https://unredacted.com/2013/10/09/document-friday-narrative-summaries-of-accidents-involving-nuclear-weapons/

https://nsarchive2.gwu.edu/nukevault/ebb442/

https://nsarchive2.gwu.edu/nukevault/ebb442/docs/doc%205A.pdf

https://nsarchive2.gwu.edu/nukevault/ebb442/docs/doc%205B.pdf

https://thebulletin.org/2014/03/accidents-will-happen-an-excerpt-from-command-and-control/

https://nsarchive2.gwu.edu/NSAEBB/NSAEBB197/nd-9.pdf

https://nuke.fas.org/norris/nuc_81010001a_n22.pdf

https://history.state.gov/historicaldocuments/frus1955-57v18/d193