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La Cité Engloutie de Tighaline

Culture
8/11/2020
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Le 28 Septembre 2020, l’association marocaine pour la recherche et la conservation du patrimoine historique sous-marin découvrit plusieurs reliques archéologiques datant du IIème siècle avant Jésus-Christ dans les fonds océaniques, sur une longueur de 30 kilomètres, entre Safi et Sidi Bouzid. Dans une déclaration à la MAP, le vice-président de l’association, Redouane Bourka a souligné que ces découvertes pourraient nous renseigner sur Tighaline, une ville mythique ancrée dans la légende de Safi. Revenons donc sur ce mythe et tentons de retrouver les sources de cette cité mythique qui fait parler d’elle plus de 2000 ans après sa disparition…

Le mythe de Tighaline.

Grotte du Studieux, à quelques kilomètres de Safi.
Grotte du Studieux, à quelques kilomètres de Safi.

Selon la légende safiote, Tighaline (تيغالين, ⵜⵉⴴⴰⵍⵉⵏ) est une ville engloutie par la mer à 7 000 mètres du cap Cantin (cap Beddouza) à 33 km de Safi. Le lieu serait habité par une sirène et ses enfants qui viennent réciter le Coran dans la grotte du Studieux (une grotte fortement similaire à la grotte d’Hercule à Tanger).

La légende raconte que plusieurs pêcheurs, visitant le lieu ou pêchant à proximité, entendirent ces enfants psalmodier à l’intérieur de la grotte. Curieux et inquiets, ceux-ci s’approchent de la grotte pour voir d’où provenaient ces sons. Les enfants, ayant pris peur face à l’arrivée des pêcheurs, fuient et se jettent à la mer à travers l’entrée de la grotte.

Toujours selon cette légende, ces enfants sont des êtres surnaturels descendants de la sirène, qui accouchait dans la même grotte.

Du mythe à la réalité.

Tighaline

Outre la légende orale qui circule chez les anciens de la région, très peu de sources mentionnent cette cité mythique. L’historien marocain Ibrahim Harakat explique dans son livre “Le Maroc à travers l’Histoire” que lors de la visite carthaginoise dans l’actuel Maroc par Hannon le Navigateur au 16ème siècle avant JC, ils s’arrêtèrent dans une région dénommée “Ras Solis”, entre les villes de l’actuel Kenitra et Safi, et construisirent un lieu de culte dédié à Poséidon, divinité des mers et des tempêtes. Les Carthaginois étant les bâtisseurs de certaines villes marocaines tel que Tingi (Tanger) ou encore Lixus, il est possible que la ville de Tighaline ait une origine carthaginoise. Cependant, il n’y a aucune mention de la ville dans les textes carthaginois, ce qui mène à penser que c'était possiblement un phare effondré par une tempête et/ou des vagues tout comme le phare d’Alexandrie (qui a connu le même sort ainsi qu’alimenté plusieurs mythes et légendes).

Le 15 décembre 2005, une équipe de l'émission Amoudou a fait une grande recherche au nord de la ville de Safi, 400 mètres de profondeur pour essayer de trouver des traces, même si minime, pour montrer qu’une ville aurait pu exister, mais ce fut en vain, car ils n’ont rien pu trouver hormis quelques petits vestiges du XVIIIème siècle.

Plusieurs autres écrivains ont conté l’histoire et la géographie de la région tel que l’historien Fkih El Abdi El Kanouni (XIXème siècle) ou Hassan al-Wazzan (XVIème siècle) n’ont jamais mentionné de sites mythiques ou de villes aux alentours de Tighaline.
De même pour Mohammed Sbihi Slaoui ou Armand Antona, qui affirment que cette ville n’existe que dans l’imaginaire des gens de la région. Les auteurs et explorateurs marins modernes comme Piri Reis ont mentionné plusieurs villes englouties sans jamais aborder Tighaline.  Certains villageois pensent que le niveau de la mer était beaucoup plus bas qu’il l’est aujourd'hui.

Un début d’espoir à travers la recherche archéologique

La découverte de vestiges datant de presque 2000 ans ont permis de refaire parler de cette légende. Selon Redouane Bourga, membre fondateur et vice-président de ladite association, ces découvertes archéologiques pourraient remonter au deuxième siècle avant J.C. et même à l’âge de bronze (2000 ans, de 2700 à 900 av. J.-C.).  
L’association a aussi découvert des grottes préhistoriques ainsi que des ossements humains fossilisés d’Ain El Moucha dans la zone de Cap Beddouza (30 km de Safi) et les vestiges d’un navire de guerre vieux de plus de quatre siècles.

La région de Safi regorge d’endroits méconnus et de sites archéologiques vierges, a poursuivi Redouane Bourga. De nouvelles prospections scientifiques sont prévus pour apporter plus de lumière sur les mystères de Tighaline…

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Références :