
es industriels marocains ont levé le pied en août. L’enquête mensuelle de conjoncture de Bank Al-Maghrib, menée du 1er au 30 septembre avec un taux de réponse de 62 %, fait ressortir une production en recul par rapport à juillet: 37 % des répondants la déclarent en baisse contre 14 % en hausse, soit un solde d’opinion de -23 points, quand il s’élevait à +27 le mois précédent. Les ventes auraient stagné, les nouvelles commandes ont fléchi et le taux d’utilisation des capacités se serait établi à 80 %. Seul l’agroalimentaire échappe au repli, avec une production en hausse. Le textile et cuir encaisse le choc le plus rude: production, ventes et commandes y reculent dans toutes les sous-branches, le solde des commandes tombant à -72 points et 63 % des industriels de la branche jugeant leurs carnets inférieurs à la normale.
Il faut savoir que ces chiffres mesurent des opinions, non des volumes: la banque centrale précise elle-même qu’ils ne reflètent pas nécessairement son propre point de vue. La mécanique et métallurgie tourne à 86 % de ses capacités et juge ses carnets normaux, la chimie et parachimie à 81 % malgré une production en baisse, ses ventes portées par les expéditions à l’étranger. Pour les trois prochains mois, les chefs d’entreprise se veulent pourtant optimistes: le solde des anticipations de production s’établit à +39 points et celui des ventes à +37, une hausse étant attendue dans toutes les branches, hormis les ventes de l’agroalimentaire. Plus d’une entreprise sur quatre avoue toutefois ne pas savoir de quoi la suite sera faite. L’automne dira si août n’aura été qu’un trou d’air estival ou le premier signe d’un ralentissement plus durable.
Photo: JOSIANE P., CC BY-SA 3.0. Le port et la zone industrielle de Jorf Lasfar.
Bank Al-Maghrib - Enquête mensuelle de conjoncture dans l’industrie, n° 234, août 2026




