
es barreaux ne rentrent pas. Réuni en conseil extraordinaire à Rabat le 27 août, le bureau de l’Association des barreaux du Maroc a décidé de maintenir l’arrêt des services professionnels et le boycott des missions judiciaires, alors même que la loi 66.23 organisant la profession est en vigueur depuis le 20 août. Le conseil, initialement prévu les 4 et 5 septembre, avait été avancé après la publication du texte au Bulletin officiel. La grève dure sans interruption depuis le 15 juin, soit soixante-quatorze jours, et couvre l’ensemble des prestations: audiences, procédures, et jusqu’à l’assistance judiciaire, dont les désignations comme le paiement restent gelés.
Le paradoxe est que le texte contesté est désormais la loi. Saisie par le président de la Chambre des représentants, la Cour constitutionnelle s’est déclarée le 10 août dans l’impossibilité de statuer: la saisine ne comportait pas la version adoptée en seconde lecture par la Chambre des conseillers. Le dahir a suivi le 18 août, la publication le 20, et le ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi jugeait dès le lendemain, sur 2M, que la grève ne se poursuivrait pas, parlant d’un divorce « révocable » avec la profession. Les barreaux ne réclament plus le retrait d’un projet mais la réouverture d’une loi promulguée, sur l’indépendance de la profession, l’immunité de la défense et la discipline des ordres. Dix-sept mille avocats attendent de savoir laquelle des deux lectures l’emportera.
Photo: Den.reda, CC BY-SA 4.0.
Association des barreaux du Maroc — décisions du conseil extraordinaire et du bureau, 27 et 28 août 2026.
Bulletin officiel n° 7536 du 20 août 2026 — loi n° 66.23 organisant la profession d’avocat, dahir n° 1.26.75 du 18 août 2026.
Cour constitutionnelle — décision n° 26/277 M.D. du 10 août 2026.



