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Les Femmes Ayant Marqué l’Histoire du Maroc

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Tin Hinan, la reine des Touaregs

Originaire du Tafilalt au Maroc, Tin Hinan, ayant vécu au 4-ème siècle, est connue pour avoir unifié les tribus Touareg. Elle quitte sa tribu avec sa servante Takama pour s’installer à Abalessa dans l'actuelle Algérie. Elle serait à l’origine du système matriarcal des Touareg du Hoggar. Arrivée au Hoggar, elle organise la vie sociale des populations Touareg et ira jusqu'à créer un réseau de commerce. Les traditions orales à son égard la décrivent comme une grande femme à la beauté marquante et aux yeux ardents, attisant respect et autorité. Les archéologues retrouvent en 1925 dans le Hoggar une tombe au sommet d’une montagne. Ils découvrent que le corps appartenait à une personne qui boitait, correspondant ainsi aux écrits d'Ibn Khaldoun désignant les Touareg comme les enfants de tiski, signifiant celle qui boite. Aujourd’hui, les Touareg du Hoggar considèrent la reine Tin Hinan comme leur ancêtre commune. Des chants et poèmes sont dédiés par les habitants du sud du Maghreb à cette grande femme liée à l’identité Touareg.

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Fatima al-Fihri, la fondatrice de la première université du monde

Fatima al-Fihri, fille du riche commerçant Muhammad al-Fihri, est connue au Maroc pour être une femme généreuse, dévouée aux sciences religieuses et fondatrice de la fameuse université d'al-Quaraouiyine. Au début du 9ème siècle, elle émigre avec sa famille de la Tunisie pour s’installer à Fès, au Maroc. À cette époque, la ville était reconnue en tant que métropole cosmopolite. À la mort de son père, Fatima et sa sœur Mariam héritent de la grande fortune de celui-ci, qu’elles consacrent entièrement au service de la communauté. En 859, Fatima Al-Fihri fonda la mosquée et université al-Quaraouiyine, initialement composée d’une salle de prière, une bibliothèque et de quelques salles de cours. L’université qui au début n’offrait que des enseignements religieux se mit à donner, avec le temps, des cours diversifiés portant sur la grammaire arabe, des mathématiques, de l’astronomie et de la musique. Au fil des décennies, ce lieu s’agrandit, prit de l’importance et devint l’une des meilleures universités du monde, attirant par la même occasion plusieurs grands savants comme l’historien et philosophe Ibn Khaldoun ou encore le géographe Charif al-Idrissi. Aujourd’hui, l’université al-Quaraouiyine est reconnue par l’UNESCO comme étant la plus ancienne université du monde encore en activité.

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Zaynab Nefzaouia, fondatrice de Marrakech

Zaynab Nefzaouia fut une importante figure de la dynastie des Almoravides. Belle, intelligente et passionnée de politique, elle fonda la ville de Marrakesh, régna sur le Maghreb et régna même sur une partie de l’Espagne. Elle était très convoitée par les hommes de son entourage déclinant cependant leurs offres en insistant : « Je n’épouserais que le sultan de ce pays ». Elle finit par arriver à bout de ses ambitions en épousant au total 4 sultans. Le plus connu d’entre eux est Youssef Ibn Tachfine, premier sultan de la dynastie des Almoravides. En 1062, Zaynab réalise les plans de la ville de Marrakech qu’elle présente ensuite à son mari, ce dernier construisant la ville conformément aux plans de sa femme. Elle était tellement influente durant le règne de son époux qu’on la surnommait al-qa'ima bi mulkihi « Celle qui s'occupe du royaume de son mari ». Elle s’occupait souvent des négociations diplomatiques, rôle qu’elle remplissait si bien qu’on la qualifiait de magicienne, en référence à son éloquence. Zaynab Nefzaouia, par son exemple, a impacté la situation des femmes de l’époque. Ainsi grâce à elle, les princesses de son temps furent autorisées à participer à la vie politique.

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Sayyida al-Hurra, la princesse pirate.

Sayyida Al-Hurra est une princesse d’origine maroco-andalouse ayant vécu durant le règne Wattasside. Elle passe son enfance dans le royaume de Grenade mais ayant vécu durant la période de la Reconquista, elle subit un exil forcé qui la marqua grandement. Sa famille s’installe alors au Maroc, où son père fonde la ville de Chefchaouen. Arrivée à ses 6 ans, elle fut promise à Ali al-Mandri, ami de son père et prince de Tétouan âgé de 30 ans de plus qu’elle. Elle participe activement au règne de son époux et lui succède même après sa mort en 1515. Ayant toujours cherché à se venger de la perte du royaume de Grenade, Sayyida al-Hurra s’allie au fameux corsaire turc Barberousse. Elle monte une flotte et dirige un réseau de piraterie se chargeant de déjouer les plans des envahisseurs, piller leurs flottes et emprisonner leurs hommes en demandant des rançons. Les Espagnols et les Portugais n’avaient d’autres choix que de s’allier à al-Hurra, ainsi pour tenter de négocier la libération des captifs. Sayyida al-Hurra réussit à protéger son royaume des ambitions territoriales de l’Espagne et du Portugal et fut par la même occasion crainte et respectée. Elle régna pendant 30 ans sur la ville de Tétouan avant de se faire destituer par son beau-fils. Elle rendera l’âme vers 1562 à Chefchaouen, sa tombe se trouvant à la Zawiya-Raïssuniya.

À lire: L'Histoire De La Reine-Corsaire Sayyida Al Hurra

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Kharboucha, l’esclave rebelle

Véritable icône de la résistance au Maroc, Kharboucha naquit vers la fin du 19-ème siècle dans la tribu des Oulad Zayd dans la région des Abda. À son époque, certaines tribus se révoltaient contre le pouvoir central afin de conserver leur autonomie. Malgré son analphabétisme, elle mènera une résistance dans sa tribu face à Aïssa Tamri ben Omar qui était Caïd d’une tribu voisine. Elle utilisera ses chants et poèmes comme armes afin de pointer du doigt les injustices sociales et les crimes commis par les Caïds tyranniques. Au début du 20-ème siècle, Aissa Tamri Ben Omar donne l’ordre de désarmer les hommes de la tribu des Oulad Zayd et de confisquer leurs terres et leur bétail. Kharboucha fut capturée, mais Ben Omar décida de la garder à ses côtés, épris de la beauté de sa voix. Il appréciait beaucoup ses chants et décida donc de l’inviter à chacune de ses cérémonies pour qu’elle chante et amuse les nobles invités du Caïd. Un jour, il invita Kharboucha à venir chanter, mais celle-ci profita de son audience pour dénoncer les crimes du Caïd à travers une chanson provocatrice. Pris de rage, il ordonna de torturer Kharboucha et selon certaines versions, il l’enterra vivante.
C’est lorsqu’elle se fit enterrer qu’elle chanta ses derniers vers.

Cette nuit est la nuit de la torture.
Oh, père comme je souffre.
Mais rien n’est éternel.
Oh, père comme je souffre.
La fin ultime est la mort,
Oh, père comme je souffre.
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Touria Chaoui, la première femme pilote du monde arabe

Touria Chaoui est née le 14 décembre 1936 à Fès. Dès son jeune âge, elle se fit remarquer à l’école grâce à ses excellentes performances scolaires. Vers l’âge de 13 ans, elle accompagne son père acteur pendant ses tournées et découvre le monde du cinéma, tournant son premier film à Fès intitulé « La Septième Porte ». Elle découvrira cependant une autre passion : l’aviation. Voulant devenir pilote, elle entreprend sa formation à seulement 14 ans. C'est le 17 octobre 1951 qu'elle deviendra officiellement la première femme pilote du Maroc et du monde arabe. Elle attirera donc l’attention du monde entier : les journaux vanteront ses exploits tandis que la famille royale l’accueillera au palais afin de la féliciter. Elle sera assassinée le 1er mars 1956 par une balle à seulement 19 ans pendant qu'elle ramenait son petit frère de l’école. Le motif du meurtre reste inconnu jusqu’à nos jours mais son meurtrier, Ahmad Touil, avait déjà assassiné auparavant plusieurs personnalités politiques laissant donc penser que la raison du meurtre est politique. Touria Chaoui aura milité à la fois pour l’amélioration de la situation des femmes que pour l’autodétermination du Maroc.

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Références :